J’ai joué ! J’ai joué à un jeu pas amusant ! Mieux, j’ai joué à cinq jeux pas funs, ça fait du bien. J’ai joué à des jeux bizarres qu’on ne comprend pas, qu’on ne peut comprendre. J’ai joué, j’ai vécu ! J’ai vécu des expériences, c’est le fait même de jouer que de vivre. Ces expérience sur les quelles j’ai du mal à poser des mots. Ils sont étrange, gênant, envoutant, difficile. À la limite de l’ennuyeux ? Je ne crois pas, mais je suis sûr d’une chose, j’ai jamais eu à vivre des jeux si différents. Ces cinq jeux dont je parle et sur les quelles je vais (trop) m’étendre, c’est la série des La la land.

Je les ai découvert par un papier d’Overgame, (là normalement vous vous attendez à ce que je place une anecdote, mais j’en ai pas c’est con :/), pour les télécharger c’est par ici, si vous êtes sous Vista il faudra aussi télécharger le convertisseur pour qu’ils puissent s’exécuter correctement. Et puis il vous faudra aussi un esprit ouvert, ce qui compte là ce n’est pas les graphismes, ce n’est pas le son, ce ne sont pas les mécaniques du jeu bien huilées, ce n’est pas la duré de vie ou quelques autres métriques du testeur mal inspiré. Non ce qui compte — comme pour tous les jeux par ailleurs — c’est l’expérience de jeu, ce que vous vivez, ce que vous éprouvez comme émotions. Il faut prendre ces jeux de la façon que vous écoutez de la musique, on ne comprend pas la musique mais on la sent. Ça m’est extrêmement difficile de poser des mots sur les sensations que procure une chanson, alors je triche je dit que c’est un peu d’X un peu d’Y mélangé par le style de Z. Mais ce n’est pas très malin de dire ça, je n’en sait pas plus sur la musique que j’écoute, et ce qui lise ça on le plaisir de s’imaginer les innombrables combinaisons que la mixture de trois artistes peut produire. C’est pourquoi, je vais essayer décrire le plus précisément possible mon vécu pour ces cinq jeux. Ça sent le combat perdu d’avance, on verra. On commence donc par le début, le premier de la série La la land : La la land. J’oubliais, je vais dé-construire les jeux, alors jouez-y avant de lire mon texte ça sera mieux. De toutes façons ils sont très courts à jouer, quelques minutes tout au plus. Mettez aussi le son assez fort, ça a une part assez importante dans les jeux je trouve. Enfin je vais révéler quelques astuces de 1337 haxor hardcore gamer que je suis. Je vous ai prévenu, vous pourrez pas dire que je gâche votre découverte.

Oh oui du sexe !

Oh oui du sexe !

On lance, premier tableau : un homme nu s’avance vers une femme nue aussi — attention les jeunes il y a du gros pixel poilu — le fond est bleu ciel clair, touche duveteuse du tableau. Il y a aussi un titre « la lal and », incompréhensible. Allons nous avoir droit à un porno interactif ? Le mec s’arrête face au dos de la femme, il fait rien, là on se doute que le jeu attend quelque chose de nous, touche Entrer, facile, tableau suivant…

Arrrgggghhh mes yeux, arrrrgggghhhh mes oreilles ! Je suis quoi ? Je suis où ? Que dois-je faire ? Qu’ouïs-je ? Il veut se battre, je suis pas un faiblard, je veux y jouer, je vais pas te quitter comme ça !

Petite pause, c’est certainement la phase la plus intéressante du jeu, le cerveau est complètement saturé d’informations qu’il ne sait comment traiter. C’est un peu comme regarder Canal+ en brouillé, mais en pire. C’est un jeu, vous ne pouvez donc pas être passif, vous cherchez alors à agir, mais pour agir il faut comprendre, mais ça semble tellement incompréhensible : pauvre cerveau. S’engage alors le combat entre le joueur et je jeu, le but du joueur : comprendre les règles du monde et asservir le jeu, du moins contrôler ses excès aléatoires.

Au fur et à mesure on comprend qu’il y a un nounours, un chat à contrôler, mais seulement latéralement, son déplacement aléatoire et ses doubles servant à parcourir la verticale de l’écran. Il y a des sortes d’étoiles qui clignotent aléatoirement, on les ramasse sans faire exprès, ça incrémente un compteur au placement… aléatoire. Les yeux s’habituent, ils filtrent les carrés multicolores et les rectangles blancs gris, ultime pour une crise d’épilepsie. On bouge de gauche à droite, on remarque que le niveau est fini des deux côtés. On ramasse les étoiles, tant bien que mal, le hasard faisant souvent bien les choses avec le temps, même si on croit les ramasser plus vite en essayant d’aller vers elles.

Pause non publicitaire. Là, s’entame la partie du jeu où on passe le stade de l’incompréhension du monde et de ces règles. On cherche donc à gagner des étoiles, comme un Mario bien conditionné par des années d’apprentissage, et on commence à être frustré, gêné par les déplacements aléatoires. Cependant, connaissant les règles du jeu on sait qu’on arrivera au bout, ce n’est qu’une question de temps, c’est mécanique. Dans cette phase de jeu, mes yeux lisaient l’image à cent à l’heure pour repérer les positions des étoiles et du joueur, pour aller le plus vite possible vers celles-ci avant qu’un clone de notre avatar disparaisse. Le temps passe un peu, on devient moins stressé, si bien qu’on se met à écouter la musique. Son incompréhensible bien entendu, une mixture de samples vraisemblablement joués à l’envers, déformés, ralentis, avec tout de même une voix humaine reconnaissable. La musique à une forme de poisson sans queue : ça monte vite en intensité au début, puis ça s’effiloche au fur et à mesure des mesures.

On ramasse, on ramasse, à la 53ème étoile un truc difforme passe de droite à gauche, à son second passage on regarde de plus près, on dirait une arête de poisson. Elle passe, elle passe, j’ai toutes les étoiles, rien ne se passe de spéciale, ça change du début. On cherche dans les touches du clavier de nouvelles actions, on dirait qu’on peut sauter (touche Z), merde je me suis fait chier pour rien… Et la touche X qui envoie un flux continu de petits dessins bariolés. Si on est malin, on projette le flot contre la chose, elle est repoussée en dehors de l’écran, au bout de quelques secondes on chance d’écran. Un nouveau tableau composé de tous les carrés épileptiques et colorés maintenant non transparent, avec superposé dessus le score du joueur, deux ou trois secondes passent et c’est la fin, on revient sur le bureau.
Le jeu terminé, on est bizarre, on comprend pas la signification du jeu, on ne se souvient même plus du tableau d’accueil.

Capture de La la land gimpé.

Capture de La la land gimpé.

Pour résumer tout ça. Au premier tableau on est dubitatif. Dans le tableau principal, ce premier état est rompu par l’irradiation du joueur à une dose anormalement élevée de stimuli. Le joueur est comme une boule sensoriel, un rat de laboratoire, où le jeu s’amuserait à piquer chaque terminaison nerveuse. Le joueur est confronté à des signaux complètement bruités : un son difforme et fort, et une vision remplie par des carrés colorés flashant aux positions aléatoires. Puis le cerveau étant malléable à souhait, il commence à comprendre, à filtrer tous ce qu’il perçoit. Alors que le joueur lutte encore pour comprendre le monde, il reconnait la partie interactive du jeu. Mais il lutte pour la maitriser, il doit toujours travailler à l’analyse des signaux tout en étant perturber par les mouvements aléatoires des avatars. Puis les secondes s’écoulent, le joueur arrive à comprendre le jeu, la musique tend à réduire d’intensité, le joueur se sent mieux, il pense contrôler son destin. La chose traverse l’écran, il la tue sans trop comprendre. La fin arrive, il est libéré du jeu, il sort de l’état de joueur pour revenir à l’état d’homme. Il essaye de comprendre le jeu, d’y trouver un sens, un message, mais n’y voit rien de cohérent. Il lui reste tout de même une sensation étrange : une sur-stimulation passée.

Voilà j’étais long, mais que voulez-vous la langue manque de mots précis pour décrire des sensations vagues. Après relecture je ne suis pas sûr de relater exactement les sensations que j’ai eu, j’y ai joué il y a une semaine, puis beaucoup rejoué depuis mais je n’ai jamais retrouvé les sensations de ma première partie. Et oui le jeu manque de replay value pour 6 Mo a télécharger gratuitement, c’est un véritable scandale, remboursez moi mes électrons ! Pour le concours inutile d’explication rationnel du jeu je propose : « l’acte sexuel », bah oui il faut se rappeler le premier tableau. Enfin, ne ratez pas le prochain billet consacré à l’épisode 2 : La la land 2 (oui il y a le nombre là), si j’en trouve le temps et l’envie bien entendu.

Publicités